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Un spectacle : « Franck Ferrand » au Théâtre Antoine

Bat, Le Rat et Pompona sont allés voir Franck Ferrand au Théâtre Antoine. Le Rat vous raconte.

Franck Ferrand au Théâtre Antoine

Quand Pompona fait sa Précieuse Ridicule, je tiens la plume ! Pour résumer la soirée, je dirais que l’homme est habile, le spectacle efficace et notre plaisir certain.

Franck Ferrand n’est pas un débutant. En Histoire, il s’y connaît. Titulaire d’un DEA, chroniqueur de l’émission « au cœur de l’histoire », il sait de quoi il parle. « Ma vision de l’histoire », c’est de raconter « la grande et la petite histoire », de montrer que l’histoire n’est jamais écrite une fois pour toute, mais qu’elle évolue au rythme des connaissances des historiens.

Taquin le Ferrand ? Faire tirer les sujets développés à des spectateurs permet à Franck Ferrand de citer les autres sujets qui auraient pu être traités, mais qui ne le seront pas. Troie, Mayerling, Marco Polo, Jeanne d’Arc se trouvent ainsi écartés au profit d’Alexandre Ier le grand, petit-fils de la grande Catherine, mort le 19 novembre 1825. Où l’on apprend qu’Alexandre Ier ne serait peut-être mort à cette date …

En guise d’interlude, Ferrand nous raconte qu’enfant, il jouait avec sa cousine Denise à Louis XIV et à Marie-Thérèse entourés de la cour. Quand d’autres se sont vu présidents de la République, pourquoi pas ? Et de rappeler aux spectateurs Colombo et ses enquêtes. Comme dirait ma femme …

Comment les choses se sont-elles passées ? Evidemment on n’y était pas ! Seconde histoire : le sujet sanguinolent. Nouvelle main du public pour tirer le nouveau sujet. Nous avons raté Henri IV, Jack l’éventreur, Zola, Voltaire. Pour nous, « Saint-Leu ». Alors là, silence dans la salle. Saint-Leu ? Kesako ? C’est l’énigme de la mort du dernier prince de Condé le 27 août 1830. Je ne vous en dis pas plus, mais l’histoire mérite d’être contée et Ferrand le fait fort bien.

Dernier sujet : l’affaire dans l’affaire Dreyfus, où le rôle d’Esterhazy, l’auteur du bordereau à l’origine de la condamnation du capitaine Dreyfus. Disons-le clairement : pas la meilleure partie. Pour Bat, à vouloir une vision plus originale, Ferrand aurait dû raconter le rôle de Lucie Dreyfus, une femme admirable qui force l’admiration. Quant à Pompona, elle nous invite à lire ou relire Vincent Duclert, Alfred Dreyfus, l’honneur d’un patriote, Fayard, 2006 et Ecris-moi souvent, écris-moi longtemps, la bouleversante correspondance croisée de Lucie et d’Alfred Dreyfus.

Vous l’avez compris : un bon début de soirée – le spectacle est à 19h00 – que vous pouvez prolonger par un dîner festif. Idéal pour cette période de fêtes de fin d’année.

Informations pratiques : Théâtre Antoine

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Un spectacle : « le Ballet royal de la nuit » à l’Opéra royal du Château de Versailles

Une soirée inoubliable !

Bat, Le Rat et Pompona sont allés voir Le Ballet royal de la nuit à l’Opéra royal du Château de Versailles et ont adoré. Bat vous raconte.


Ballet royal de la nuit

Sean Patrick Mombruno incarnant le jeune Louis en heure. Ballet royal de la nuit – © Ph. Delval

23 février 1653.- Cette nuit, le roi danse. La foule se presse pour entrer dans la salle de l’hôtel du Petit-Bourbon, situe parallèlement à la Seine, entre le Louvre et l’église Saint-Germain l’Auxerrois. C’est la plus grande salle de Paris (36 x 16 m), la plus majestueuse avec ses hautes voûtes semées de fleurs de lys, ses colonnes, ses corniches. Elle sert aux grands divertissements de la cour, accueille les grands événements publics liés à la politique royale. Les peintures, sculptures et tapisseries ainsi que les 1200 flambeaux de cire blanche portés par des consoles et des bras d’argent donnent à la salle une clarté perpétuelle. Le jour ne finira jamais.

La première.- Anne d’Autriche, mère du roi Louis XIV, et Mazarin sont installés à l’un des bouts de la salle sous le dais royal tandis que je flotte au milieu des 2500 à 3000 personnes installées sur les gradins tout autour de la salle. Quelle cohue ! Toute la cour, une bonne partie de la bourgeoisie de Paris, probablement bon nombre d’ambassadeurs et autres résidents étrangers se bousculent pour entrer. Le jour de la première du Ballet de la nuit si attendu est enfin arrivé. Le ballet va durer toute la nuit et, à l’aube, un grand bal sera offert par le roi aux gentilshommes et aux dames de la cour. 7 autres représentations vont être données les 25, 27 février, 2, 4, 6 et 16 mars.

Le ballet de cour.- C’est probablement à la fin du règne de Charles IX avec le Ballet des Polonais en 1573 si ma mémoire est bonne que j’ai assisté au premier ballet du genre. Je me souviens du roi Henri IV dansant le Ballet comique de la reine en 1581, puis des ballets que l’on dansait à l’époque du carnaval sous la régence de Marie de Médicis. Louis XIII aussi aimait beaucoup danser. Une année, quelques années avant la naissance du jeune Louis, sans doute en 1635, il avait même composé, chorégraphié et dansé le Ballet de la Merlaison. J’ai toujours adoré ces ballets de cour, dansés par les courtisans et les membres de la famille royale à côté de danseurs professionnels.

« Ballet du roi ».- C’est dire s’il est d’usage que le roi se donne en spectacle et brille parmi les courtisans et les danseurs professionnels lorsque Louis XIV monte sur le trône. Mais le jeune Louis les surpasse tous. C’est au cours du carnaval de 1651 que je l’ai vu danser pour la première fois ; il avait 13 ans et a interprété plus de six rôles dans le Ballet de Cassandre. C’est un danseur virtuose ; il s’entraîne plusieurs heures par jour. Glissades, jetés-battus, fouettés, entrechat, le jeune roi est extraordinaire. Il faut dire qu’il a appris très jeune à danser avec Henry Prévost et Jean Regnault et qu’il a encore les meilleurs maîtres de danse, Beauchamp notamment dont vous avez sans doute entendu parler. Savez-vous que Louis XIV a dansé 23 ballets, interprété 60 rôles ? Au fil des ans, le ballet de cour est devenu le ballet du roi : les courtisans se sont retirés et le roi est resté seul en scène. Le roi-soleil et ses satellites : le marquis de Villeroy, le comte de Saint-Aignan, le comte d’Armagnac et le Marquis de Rassan. Je me souviens encore du 14 février 1670. Ce jour-là, à la fin de la seconde représentation des Amants magnifiques de Molière et de Jean-Baptiste Lully, le roi s’est fait remplacer par Villeroy et d’Armagnac. Il a 32 ans et cesse définitivement de danser.

Livret.- Penchée sur l’épaule d’un fort bel homme, je lis le livret : la musique a été composée par Jean de Cambefort, Jean-Baptiste Boësset, Michel Lambert. Baptiste est déjà arrivé à Paris, il danse cette nuit, mais il n’est pas encore au sommet de sa gloire. Baptiste ? Vous ne savez pas qui est Baptiste ? Oh pardon ! Baptiste n’est autre que Lully, bien sûr ! Les textes sont d’Isaac de Benserade, un poète de cour très apprécié. Giacomo Torelli a inventé toutes les machineries et Louis Hesselin a réalisé de superbes costumes. Le ballet a été conçu par M. Clément, l’intendant de la Maison du duc de Nemours. Entre le crépuscule et l’aurore, 6 heures de ballet avec 260 personnes qui participent dont 96 noms de danseurs, tous des hommes. A côté du roi, Monsieur son frère, leur cousin le duc d’York, 23 nobles, 36 personnalités appartenant au milieu de la cour parmi lesquelles Alexandre Bontemps, premier Valet de chambre du roi, Cabou, avocat au conseil et des artistes de renom tel le portraitiste Henri de Beaubrun. Enfin 59 professionnels et baladins de métier, parmi lesquels le luthiste Louis de Mollier, les maîtres à danser François Verpé, Beauchamps, Regnault, futurs membres de l’Académie royale de danse, créée en 1661.

Louis XIV en soleil

Louis XIV en soleil. Ballet royal de la nuit.
©BNF

Mais que raconte le ballet ?

Un mélange de romans de chevalerie, de symboles, d’emblèmes et d’allégories, d’éléments tirés de la fable et de la mythologie, mais aussi des références à la Fronde, enfin terminée, et aux espoirs tournés vers l’avenir, à la gloire du jeune Louis. Le ballet est composé de 4 parties – quatre « veilles », chacune introduite par le récit chanté d’une ou plusieurs figures divines ou allégoriques, suivi d’entrées de ballets – 43 au total -, mélange de sérieux et de grotesque, où les références à la vie quotidienne alternent avec les scènes peuplées d’êtres fantastiques. Le spectacle se termine avec le Grand ballet et l’entrée du roi en soleil: l’aurore se retire voyant arriver le Soleil suivi des Génies qui lui rendent hommage.

25 novembre 2017.– La foule se presse pour entrer dans la salle de l’opéra royal du Château de Versailles. Quelle excitation ! Ce soir, il nous est donné à voir l’un des spectacles les plus marquants du règne de Louis XIV.

Comment transposer le Ballet royal de la nuit en ce début de XXIe siècle ? « Quelle chance incroyable que vivre cette aventure pour des musiciens d’aujourd’hui, passionnés de musique française du XVIIe siècle ! » nous dit Sébastien Daucé dans sa note d’intention. Certes, mais la partition du Ballet, copiée en 1690 par Philidor Laisné, n’a jamais été achevée et seule la partie du premier violon a été retranscrite. Sébastien Daucé a donc dû se livrer à un travail de recomposition musicale conséquent. « Je me suis accroché ! » dit-il. Pour notre plus grand bonheur. Un enregistrement musical avec son Ensemble Correspondances est sorti chez Harmonia Mundi en 2015. Voilà pour le « donner à entendre ».

Restait le « donner à voir ». – L’entreprise a été confiée à Francesca Lattuada, qui s’est fait assister d’Olivier Charpentier et de Bruno Fatalot pour les costumes. D’emblée, Francesca Lattuada a exclu toute reconstitution historique. « On ne rencontre ce genre de projet qu’une seule fois dans sa vie, voire pas du tout. Le ballet royal de la nuit est une œuvre si dense, si foisonnante, qu’il faut accepter de s’y perdre » écrit-elle. Et de poursuivre : « Le style en est la démesure, la surabondance, la prolifération … La première scène installe le mode interprétatif par quoi il est suggéré qu’on ne peut, en aucun cas, se fier aux seules apparences : ce qui semble inanimé peut se mouvoir, tout être est sujet à métamorphose, à révélation et dévoilement, au sens spectaculaire du terme. […] Ce spectacle, c’est une invitation. Venez voir ce que, ensemble, nous sommes capables de faire. Ce spectacle est une fête pour les yeux ».

« Et bien, divertissez-vous maintenant ».- Voici la Nuit qui s’avance, perchée au sommet d’une immense jupe, ceinturée dans un haut de brocard ; sur la tête, une immense perruque entourée d’une collerette blanche étincelante. De cette extraordinaire costume machine, sort souvent une marionnette mue par des ombres (les manipulateurs tout en noir) reproduction de la Nuit. Place à la féérie : chanteuse et marionnette vont alors reproduire les mêmes gestes chacune à son niveau. Le ton est donné ; la magie opère.

Place à la fantaisie, au merveilleux, au rêve.- Défilent ainsi devant nos yeux, tantôt amusés, tantôt fascinés, le plus souvent subjugués, le lapin lunaire, les Coquettes, Janus et son cheval, les Néréides, Ptolémée et Zoroastre, grands astrologues … Voici la première entrée du jeune Louis en justaucorps noir, collants et bottes rouges montantes, collerette blanche, incarné par Sean Patrick Mombruno. Magnifique danseur au corps sculptural, l’homme ne laisse pas indifférent. Selon Francesca Luattuana, il incarne « cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Le Cid, Corneille).

Le spectacle continue.-Chanteurs qui dansent, danseurs qui chantent, acrobates qui jonglent avec toutes sortes d’objets lumineux : voici la féérie du Carnaval reconstituée … Qui est qui ? Le spectateur assiste à un défilé de personnages, tantôt imaginaires, tantôt mythologiques, parfois simplement humains. Magnificence de costumes extraordinaires, perruques incroyables, jeux de couleur des décors incroyables.

3e veille, au cœur de la nuit.-Les heures les plus sombres. Voici le Sabbat qui laisse échapper des monstres nains, danse de Satan puis des 4 vieilles sorcières, suivies des loups garous. Les humains, cachés derrière leurs loups de velours, errent. Le jeune Louis revient en ardent, puis en curieux : féérie de la danse. Avant de clore le Ballet en roi-soleil.

Un magnifique spectacle qui se joue à Dijon les 2, 3 et 5 décembre prochains. Courez-y!

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Une pièce de théâtre : « La règle du jeu » à la Comédie-Française

La Comédie-Française fait son cinéma

Le fauteuil de Molière

Le fauteuil de Molière. ©LeRat/Soracha

Je ne suis pas peu fier.–  Nous sommes allés voir La Règle du jeu d’après Jean Renoir à la Comédie-Française et c’est moi, Le Rat fouineur de culture, qui fait la critique car j’ai adoré !

« Pour écrire le scénario de La Règle du jeu, Jean Renoir s’est inspiré des Caprices de Marianne d’Alfred de Musset, mais aussi du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux et du Mariage de Figaro de Beaumarchais dont il cite un extrait en ouverture du film. Autant de textes qui font partie du répertoire de la Comédie-Française. Il m’importait donc de penser la question de la mémoire de cette maison, du contact du passé avec le présent. Et ce à tous les niveaux, dans tout ce qui fait son identité : le Répertoire, le bâtiment, les anciens décors et costumes, la Troupe.  La Règle du jeu m’intéresse d’abord car ce film occupe une place très importante dans mon apprentissage et mon amour du cinéma. Ensuite, c’est un classique du cinéma et la réinterrogation des classiques est au coeur de mes recherches. Et enfin, ce choix rejoint un aspect majeur de mon travail, à savoir la relation entre théâtre et cinéma » (Christiane Jatahy, réalisation et mise en scène de la pièce).

Voilà toute l’explication de ce spectacle. A partir de là, il suffit de se laisser porter et de jubiler. Imaginer les Comédiens du Français essayant de faire chanter les spectateurs de la Comédie-Française, de les faire participer au spectacle dans le spectacle. Je vous le dis, ils ont du boulot ! Pourtant ils sont formidables. Avec une mention spéciale à Serge Bagdassarian fantastique.

Ai-je besoin de vous préciser que Pompona a détesté. Evidemment une chatte précieuse ne va pas au théâtre pour voir du cinéma ni pour faire des singeries. L’ours, les lapins, toute cette mise en scène l’a agacée.

Bat au contraire a trouvé le spectacle fort divertissant. La sorcière philosophe adore ces humains qui se déchirent – il faut bien avouer que le fond du spectacle n’est pas drôle -. Elle a également apprécié ce jeu constant entre spectacle et réalité qui vous perd vos repères au bout d’un moment.

 

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Une pièce de théâtre : Tartuffe au Théâtre de la Porte-Saint-Martin

Nous sommes allés voir le Tartuffe de Molière joué au Théâtre de la Porte-Saint-Martin jusqu’au 31 décembre 2017.


Les comédiens saluant à la fin de la représentation. © Le Rat /Soracha

La première.- Le Tartuffe, peut-être intitulé l’Hypocrite, est représenté pour la première fois devant Louis XIV à Versailles, le 12 mai 1664 pendant la fête des Plaisirs de l’île enchantée. La pièce jouée en trois actes par la troupe de Molière, protégée alors par Monsieur, frère du roi, connaît ce jour-là le succès auprès du roi et de la cour, chacun cherchant à deviner qui se cache derrière le personnage du héros.

L’affaire du Tartuffe.- Les dévots réunis dans la Compagnie du Saint-Sacrement de l’Autel, société secrète influente, constituée de membres issus de l’aristocratie et de la bourgeoisie parlementaire, se déchaînent et lancent une cabale contre Molière qu’ils jugent subversif et libertin. Le 1er août 1664, le curé de Saint-Barthélemy, Pierre Roullé, publie un panégyrique de Louis XIV intitulé : « Le roi glorieux au monde ou Louis XIV le plus glorieux de tous les rois du monde ». Il y prend à partie Molière qu’il traite de « démon vêtu de chair et habillé en homme ».

Louis XIV en interdit la représentation publique, mais accorde une gratification à l’auteur. La pièce n’est représentée qu’en privé ; ainsi le 25 septembre 1664 à Villers-Cotterêts chez Monsieur. Puis la pièce entière et achevée en 5 actes est représentée au château du Raincy devant le prince de Condé le 29 novembre 1664 et le 8 novembre 1665.  Entre-temps, le 14 août 1665, Louis XIV a pris la troupe sous sa protection – qui devient donc la troupe du Roi – et lui accorde 6000 livres de pension.

Le 5 août 1667, Molière risque une représentation publique du Tartuffe dans la salle du Palais-Royal en l’absence du roi. Il change le titre de la pièce pour l’imposteur et le principal personnage devient M. Panulphe. L’hypocrite change de tenue : il a désormais « un petit chapeau, de grands cheveux, un grand collet, une épée et des dentelles sur tout l’habit ». Le 6 août, M. de Lamoignon, président du Parlement de Paris, interdit toute nouvelle représentation de Tartuffe en estimant que la comédie n’a pas à censurer l’hypocrisie religieuse. Molière dépêche alors auprès du roi, occupé au siège de Lille, deux acteurs de sa troupe, La Thorillière et La Grande, porteurs d’un placet. « Monsieur nous protégea à son ordinaire et Sa Majesté nous fit dire qu’à son retour à Paris, elle ferait examiner la pièce de Tartuffe et que nous la jouerions » (registre de La Grange). Mais l’archevêque de Paris, Hardouin-Beaumont de Péréfixe, ayant publié une ordonnance frappant d’excommunication tout fidèle coupable de « lire ou entendre réciter le Tartuffe, soit publiquement, soit en particulier », le roi maintient l’interdiction.

Il faut attendre le 5 février 1669 pour que la permission de représenter Tartuffe en public sans interruption soit accordée. Ce jour-là, la pièce est jouée par la troupe du Roi et remporte un franc succès auprès du public.

Presque 350 ans plus tard.- Nous avons fort apprécié la pièce jouée actuellement au Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Tout d’abord, il y a Michel Bouquet et Juliette Carré, inséparable couple de comédiens si émouvant. Bien sûr, c’est un peu étrange de voir Juliette Carré jouer Madame Pernelle, la mère d’Orgon, interprété par Michel Bouquet, plus âgé qu’elle ! Mais c’est toute la magie du théâtre, magnifiquement rendue par la mise en scène de Michel Fau et les costumes de Christian Lacroix.

Bat a beaucoup aimé la scène où Elmire, l’épouse d’Orgon, confond Tartuffe et prouve toute la duplicité du personnage.

Le Rat a trouvé que les comédiens étaient fantastiques et que leur jeu et les costumes restituaient entièrement l’atmosphère du XVIIe siècle.

Quant à moi, j’ai adoré la diction parfaite des comédiens qui nous permet d’apprécier les vers de Molière.

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Une exposition : Rétrospective « David Hockney » au Centre Pompidou

La rétrospective « David Hockney » est présentée au Centre Pompidou jusqu’au 23 octobre 2017

Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), 1972 [Portait d’un artiste (Piscine avec deux personnages)] Acrylique sur toile, 213,5 x 305 cm © David Hockney. Photo : Art Gallery of New South Wales / Jenni Carter Lewis Collection

Bat, Pompona et moi avons été séduits par la rétrospective « David Hockney » au Centre Pompidou. En cette saison estivale, profitez de la fermeture tardive de Beaubourg (21heures pour les expositions) pour visiter l’exposition et admirer le coucher de soleil sur Paris.

L’exposition célèbre les quatre-vingts ans de l’artiste et offre un panorama très complet du parcours artistique de David Hockney jusqu’à ses œuvres les plus récentes.

Comme l’explique Marco Livingtone, « par-delà ses démonstrations de versatilité, ses expérimentations stylistiques, ses recherches techniques et visuelles, l’œuvre de David Hockney a manifesté la constance de son attachement à la figure humaine pendant plus de soixante ans » (extrait du Catalogue de l’exposition). Et c’est sans doute l’une des raisons qui rend ses tableaux si attachants, voire émouvants.  Bat et Pompona ont été tout à fait séduites.

Bat a particulièrement été sensible à la série A rake’s Progress réalisée au début des années 1960 qui font l’écho à la suite gravée entre 1733 et 1736 par William Hogarth retraçant les épisodes de La Carrière d’un libertin. Et elle a particulièrement aimé I’m in the Mood for love – le côté diablotin sans doute – qui illustre de manière très humoristique la découverte de son homosexualité par Hockney et le côté métropole corruptrice de New York.

Hockney refuse de se limiter à un style donné, ce qui a fini par séduire par Pompona. Ce qui n’était pas gagné car je l’avais interrompue dans sa lecture de Madeleine de Scudéry pour l’entraîner voir l’exposition et elle était plus que bougonne ! Mais la série des portraits a achevé de lui redonner sa bonne humeur habituelle et Pompona nous a même inventé au pied levé un conte devant le tableau M. and Mrs Clark and Percy, Percy étant un chat blanc assis de dos sur les genoux de son maître. Comme le dit Hockney, « la création artistique est un acte de partage ».

Pour ma part, j’ai été fasciné par toutes les recherches de Hockney sur l’image : d’abord son utilisation d’un appareil polaroïd – et notamment Walking in the zen garden at the Ryoanji Temple -, puis ses expérimentations initiées avec ses collages d’images et son incroyable installation Four Season ; enfin sa production d’images numériques.

« Dans sa peinture, David Hockney ne s’est jamais préoccupé d’atteindre la vraisemblance, la « vérité »
du « réalisme ». Les seules « vérités » auxquelles il aspire concernent le regard, notre façon de voir,
le monde et les moyens les plus adaptés à la représentation des espaces émotionnels produits par le regard ». (Andrew Wilson, extrait du Catalogue de l’exposition).

Et le résultat est extraordinaire !

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Une exposition : « Golem ! » au mahJ

L’exposition « Golem! Avatars d’une légende d’argile » est présentée au musée d’art et d’histoire du Judaïsme jusqu’au 16 juillet 2017

niki de saint phalle

Niki de Saint Phalle Maquette pour Le Golem 1972 Plâtre, 64 × 114 × 118 cm Jerusalem, Israel Museum © 2017 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris

Le Rat, Pompona et moi avons beaucoup apprécié l’exposition « Golem! Avatars d’une légende d’argile ». Il vous reste huit jours pour la voir. Courez-y!

Le Golem est un être d’argile animé à l’aide de lettres sacrées. C’est l’un des mythes juifs les plus célèbres et l’une des figures majeures de la littérature fantastique. Être miraculeux et monstrueux à la fois, il oscille entre humanité et inhumanité, entre protection et menace.

Cette légende juive médiévale opère encore aujourd’hui dans un imaginaire mondialisé. L’exposition nous présente cette figure du golem dans les arts visuels à travers un parcours mêlant peinture, dessin, photographie, théâtre, littérature, bande dessinée et jeu vidéo.

Le Rat est resté scotché devant la vidéo de Jakob Gautel, Matière Première (1999) : deux mains, une boule d’argile qui se transforme petit à petit en être humain pour redevenir boule d’argile. Ou comment l’artiste donne vie à la matière inerte.

Dans le même espace, Pompona écoutait le Golem de Jorge Luis Borges, lu lui-même. Regarder la vidéo de Jakob Gautel en écoutant Borges est une expérience magique. Croyez-moi et allez la vivre.

Nivinski

Ignati Nivinski, Esquisse pour les costumes de la pièce Le Golem de H. Leivick, 1925 Crayon, aquarelle, tempera sur papier, 23 × 15 cm. Moscou, Archives nationales russes de littérature et d’art

Nous avons tous les trois beaucoup aimé la salle présentant les esquisses de costumes et de personnages réalisées par Ignati Nivinski (1881-1933) pour la pièce de H. Leivick le Golem. Poème dramatique en huit scènes : poissons, oiseaux, drôles de bonhommes, un univers imaginaire poétique très sympathique et inspirant.

Pour ma part, j’ai adoré l’exposition. Rien de tel que le fantastique pour sortir de son quotidien et vivre un moment fabuleux et extraordinaire.

Et poursuivez cette aventure en lisant le thriller de Jonathan Kellerman et de Jesse Kellerman, Le Golem d’Hollywood (titré également Que la bête s’éveille).

 

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Une expérience théâtrale : « La Fontaine en 10 leçons »

Nous avons beaucoup aimé « La Fontaine en 10 leçons » au Théâtre de l’île Saint-Louis Paul Rey

La Fontaine en dix lecons

Verre et rose. Décor du spectacle. ©Le Rat de Soracha

L’objectif de Jérôme Hauser est de divertir avec des textes classiques, de montrer que les thèmes abordés dans les Fables de La Fontaine qu’il a choisies sont toujours d’actualité.

Le pari est gagné. Mais il est vrai que Bat, Le Rat et moi apprécions beaucoup La Fontaine et que nous connaissons bien ses fables et sa vie.

Bat était enchantée d’entendre « Le lion amoureux », dédiée à Françoise Marguerite de Sévigné, « la plus jolie fille de France » selon Bussy-Rabutin, courtisée sans succès par Louis XIV :

« Sévigné, de qui les attraits / Servent aux Grâces de modèle, / Et qui naquîtes toute belle,/ A votre indifférence près, /Pourriez-vous être favorable /Aux jeux innocents d’une Fable / Et voir, sans vous épouvanter, / Un lion qu’Amour sut dompter ?

Le Rat a adoré La fable « Le Corbeau et le Renard » créée en verlan par Fabrice Lucchini et reprise par Jérôme Hauser. Elle tombait à point après « Le Rat et l’éléphant » dont il trouvait le choix déplorable et qui l’avait rendu fort bougon. Pour ceux qui l’auraient oubliée, je vous rafraîchis la mémoire avec la chute :  « Il [Le Rat] en aurait dit davantage : / Mais le chat, sortant de sa cage, / lui fit voir en moins d’un instant/ Qu’un rat n’est pas un éléphant ».

Quant à moi, j’ai trouvé les liaisons entre les Fables fort bien faites et j’ai découvert un texte  » le mot » de Victor Hugo que je ne connaissais pas. Et oui ! Allez voir le spectacle et vous comprendrez pourquoi Victor Hugo.

 

 

 

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Une pièce de théâtre : Bajazet de Racine

La pièce Bajazet de Jean Racine est présentée en alternance au Théâtre du Vieux Colombier jusqu’au 7 mai 2017

Bajazet-de-Racine

Bat la Sorcière, Pompona la Chatte et moi sommes allés hier soir au Théâtre du Vieux Colombier assister à la représentation de Bajazet.

La première représentation a vraisemblablement eu lieu le 5 janvier 1672 à l’hôtel de Bourgogne. La Champmeslé jouait Atalide et non Roxane ; le succès fut éclatant. En 1698, ce fut la première « comédie sérieuse » vue à Versailles par la duchesse de Bourgogne.

Faisons court. Quand la pièce commence, voilà plusieurs mois que le Sultan Amurat est parti assiéger Babylone. Il a confié le pouvoir à sa favorite Roxane et a ordonné la mort de son frère Bajazet, enfermé depuis toujours au sérail. Le vizir Acomat complote pour prendre le pouvoir, Roxane aime Bajazet qui n’aime pas la sultane car il aime en secret Atalide, amour réciproque. Vous l’avez compris : la tragédie est en place. Deux heures plus tard, tout ce petit monde est mort, sauf le vizir qui s’enfuit alors qu’Amurat est sur le retour.

« C’est comme un bal masqué. Le monde des Liaisons dangereuses. Ces gens-là ne sont occupés que d’eux-mêmes. Ils se font des plaies horribles, se disent des choses tendres, de tout près, avec élégance, en alexandrins. L’alexandrin ici n’est pas une gêne. Il est l’instrument même de la cruauté » (Antoine Vitez, Le théâtre des idées, Gallimard, extrait).

Je vous en livre un petit exemple de ce cher Acomat – joué par un Denis Podalydès excellent -: « Ne tardons plus, marchons ; et, s’il faut que je meure, / mourons ; moi, cher Osmin, comme un vizir ; et toi / comme le favori d’un homme tel que moi ».

Pour le reste, la scène est plongée dans un clair-obscur propice à l’assoupissement. Bajazet est l’une des pièces les moins jouées de Racine et je comprends pourquoi. Mais bien évidemment, Bat et Pompona ne partagent pas cette opinion. Bat est toujours sensible à ces héroïnes raciniennes, tantôt sujettes à une prompte vengeance si elles sont rejetées, tantôt désespérées de voir leur amant condamné et mis à mort par leurs rivales.

Quant à Pompona, elle adore ces histoires d’amour impossibles, ces déchirements inutiles qui la comblent de bonheur, le temps d’une représentation théâtrale. Et elle a apprécié le jeu de Clotilde de Bayser dans le rôle de Roxane.

Informations pratiques sur le site de la Comédie française.

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Une exposition : « Valentin de Boulogne » au Musée du Louvre

L’exposition « Valentin de Boulogne – réinventer Caravage » est présentée au Musée du Louvre jusqu’au 22 mai 2017

Valentin de Boulogne, David et Goliath, vers 1615-1616, Huile sur toile, 99×134 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid © Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

Le Rat, Pompona et moi sommes allés voir les expositions « Valentin de Boulogne » et « Vermeer » au Musée du Louvre.

Valentin de Boulogne est né à Coulommiers en 1591 et mort à Rome en 1632, à l’âge de 41 ans. Il arrive à Rome dans les années 1610-1620 où il fait toute sa carrière. Plutôt que de s’inscrire à l’Académie de Saint Luc, il choisit un mode de vie assez similaire à celui de Caravage et s’associe à la confrérie des peintres du nord, les « Bentvueghels » (« oiseaux de bande »),  joyeux lurons fréquentant les tavernes. Le personnage a donc beaucoup plus au Rat qui l’a trouvé très sympathique. Cela vous étonne ?

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Une exposition : « Des Grands Moghols aux Maharajahs »

Joyaux de la collection Al Thani – Exposition présentée au Grand Palais jusqu’au 5 juin 2017

 

Affiche de l’exposition. © Rmn-Grand Palais, Paris, 2017.

Bat la Sorcière, Le Rat et moi sommes allés voir l’exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs. Joyaux de la collection Al Thani », présentée au Grand Palais.

Zahir ud-din Babur, descendant de Timur (Tamerlan) et de Gengis Khan, est un conquérant originaire d’Asie centrale. Vainqueur des sultans de la dynastie des Lodi en 1526, il s’installe en Inde où il fonde l’empire Moghol. La richesse du trésor s’accroit progressivement avec les empereurs moghols successifs et émerveille les visiteurs européens de passage : parures opulentes, multiples joyaux, qualité des pierres précieuses constituent un somptueux ensemble de gemmes précieux, patrimoine dynastique qui se transmet de père en fils.

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