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Le 13 avril 1695, le poète Jean de La Fontaine est décédé à Paris.

Jean de La Fontaine. ©Le Rat/Soracha.

« Monsieur de La Fontaine naquit à Château-Thierry en l’année 1621. Son père, maître des Eaux et Forêts de ce duché, le revêtit de sa charge dès qu’il fut capable de l’exercer, mais il y trouva si peu de goût, qu’il n’en fit la fonction, pendant plus de vingt années, que par complaisance. Il est vrai que son père eut pleine satisfaction sur une autre chose qu’il exigea de lui, qui fut qu’il s’appliquât à la poésie, car son fils y réussit au-delà de ce qu’il pouvait souhaiter » (Charles Perrault).

Un fidèle de Fouquet. – En 1658, Jean de La Fontaine s’installe à Paris et reçoit une pension de Fouquet, surintendant des Finances, à compter de l’année suivante. En 1661, il compose Le songe de Vaux, une féérie merveilleuse qui décrit les jardins et le château de Vaux. La Fontaine s’inspire de l’Hypnerotomachia Poliphili ou Le Songe de Poliphile, ouvrage attribué à Francesco Colonna, publié à Venise chez Alde Manuce en 1499. Connu en France par sa traduction de Jean Martin en 1546, Le Songe de Poliphile est lu et apprécié pendant tout le XVIIe siècle.

Le 17 août 1661, La Fontaine participe à la Fête de Vaux et assiste à la première représentation des Fâcheux de Molière. Après l’arrestation de Fouquet, il fait publier en 1662 l’Elégie aux nymphes de Vaux dans laquelle il demande aux nymphes de pleurer sur l’infortune de leur maître et d’intercéder en sa faveur auprès du roi. L’année suivante, il écrit une Ode au roi en faveur de Fouquet.

Les Fables. –En 1667, La Fontaine obtient le privilège pour l’impression de son premier recueil des Fables choisies mises en vers, qui paraît l’année suivante. Les fables sont dédiées au Dauphin, âgé de six ans et demi. Mais s’agit-il vraiment d’une littérature pour l’enfance ? Une nouvelle édition des Fables choisies en vers, publiées en 1678-1679, est dédiée à Madame de Montespan qui lui a accordé sa protection en 1674. Cette littérature par l’enfance lui permet de parler des hommes et des choses de la vie en mettant en scène des animaux.

« Son plus bel ouvrage et qui vivra éternellement, c’est son recueil des fables d’Esope qu’il a traduites ou paraphrasées. Il a joint au bon sens d’Esope des ornements de son invention si convenables, si judicieux et si réjouissants en même temps, qu’il est malaisé de faire une lecture plus utile et plus agréable tout ensemble. Il n’inventait pas les fables, mais il les choisissait bien, et les rendait presque toujours meilleures qu’elles n’étaient » (Charles Perrault).

Le bosquet du labyrinthe. – Conçu et réalisé, dans les jardins de Versailles, par André Le Nôtre, sur une idée de Charles Perrault, le bosquet du Labyrinthe, devient, entre 1671 et 1674, un fabuleux circuit d’allées sinueuses agrémenté d’un réseau de 38 fontaines dont le décor est issu des Fables d’Esope. Chaque fontaine est ornée de jeux d’eau, de rocailles, de coquilles et coquillages polychromes, agrémentée d’animaux sculptés en plomb peint au naturel. Le bosquet étant destiné à l’instruction du Dauphin, chaque fable est assortie d’un quatrain dont la rédaction fut confiée au poète Bensérade et non à La Fontaine, pas assez en cour.

Les Amours de Psyché et de Cupidon. – Ecrite en 1668 et publiée en 1669, la première description du château et des jardins de Versailles, est rédigée par La Fontaine sous la forme d’un roman et d’un poème, une fable contée en prose. Au récit d’une promenade à Versailles par quatre amis, le poète mêle de nouveau la féérie et le sens du merveilleux : l’histoire des amours de Psyché et Cupidon est présentée comme le roman de Poliphile, l’un des quatre amis.

Comme la Promenade à Versailles de Madeleine de Scudéry, La Fontaine alterne dialogues et promenades dans les jardins réels, récit mythologique et description allégorique de palais et de jardins merveilleux. L’imaginaire littéraire succède à la description de l’expérience réelle vécue par les narrateurs pour faire apprécier au lecteur le spectacle qui se présente à ses yeux. Et « parler du lieu, c’est aussi parler du maître » (Gérard Sabatier).

En délicatesse avec Louis XIV. – Sa fidélité à Fouquet et ses relations avec les cercles libertins valent à La Fontaine des relations délicates avec le roi. « Selon que vous serez puissant ou misérable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir (Les Animaux malades de la peste, VII, 1). A la mort de Colbert, en 1683, La Fontaine brigue le siège de celui-ci à l’Académie française. Le roi souhaite voir élire Boileau, son historiographe. L’Académie, hostile au satirique, « propose » La Fontaine par 16 voix contre 7 à l’issue d’une séance houleuse. Louis XIV refuse son agrément. L’année suivante, Boileau est élu à l’unanimité et le roi accorde l’autorisation de recevoir La Fontaine en ajoutant : « il a promis d’être sage ».

« Monsieur de La Fontaine était semblable à ces vases simples et sans ornements, qui renferment au-dedans des trésors infinis. Il se négligeait, était toujours habillé très simplement, avait dans le visage un air grossier ; mais cependant dès qu’on le regardait un peu attentivement, on trouvait de l’esprit dans ses yeux ; et une certaine vivacité que l’âge même n’avait pu éteindre, faisait voir qu’il n’était rien moins que ce qu’il paraissait » (Mme Ulrich).

 

 

 

 

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