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Une soirée divertissante!

Bat, Le Rat et Pompona sont allés voir Le cercle de Whitechapel de Julien Lefebvre au Lucernaire et ont beaucoup aimé. Bat vous raconte.

Pour le lecteur de roman policier, il est toujours plaisant de voir  des personnages réels associés aux personnages de fiction au gré de vraies fausses histoires. Privilège de la littérature policière qui permet à chaque lecteur de voyager dans des univers qu’il n’a nullement envie de découvrir en vrai.
Réussir cet exploit au théâtre est plus délicat. Tel est le pari très réussi du Cercle de Whitechapel qui nous installe dans l’univers londonien de 1888, et plus particulièrement dans une « pièce » du quartier de Whitechapel où ont eu lieu les meurtres de prostituées perpétrés par un certain Jack l’éventreur. Arrivent l’un après l’autre dans cet endroit Arthur Conan Doyle, Bram Stoker et Bernard Shaw ainsi que Mary Lawson, tous invités par Sir Herbert Greville.

« Jack l’éventreur est aux yeux de tous une légende du mal, un mythe. mais il est aussi un concept, celui du « crime parfait » : cette pierre philosophale que tous les auteurs de roman policier, par l’intermédiaire de leur héros, n’ont eu de cesse, au fil du temps, de prouver son inexistence » nous explique le metteur en scène Jean-Laurent Silvi.

Certes, convenons-en: le thème de Jack l’éventreur a attiré le spectateur dans ce guet-apens. Mais il cède rapidement la place au plaisir de découvrir nos trois détectives. Et tout d’abord à Arthur Conan Doyle. Dans la pièce, Doyle apparaît comme un médecin un peu timoré, soucieux de partir au plus vite prendre son train pour rentrer chez lui à Southsea, invité par Sir Greville car il vient d’écrire Une étude en rouge mettant en scène un détective aux méthodes nouvelles fondées sur l’observation, la déduction et la réflexion, Sherlock Holmes. Vrai ou faux?

Second sur la liste Bram Stoker. Dans la pièce, le père de Dracula, administrateur d’un théâtre, est surtout amateur d’occultisme, de personnages fantasques et de soirées insolites. Vrai ou faux? Troisième sur la liste Bernard Shaw. Dans la pièce, le célèbre journaliste est un dandy odieux, jaloux de Doyle et tout à fait imbu de sa personne. Vrai ou faux? Evidemment quand apparaît Mary Lawson, docteur en médecine, se pose la question du vrai faux personnage?

Tout ceci a bien entendu beaucoup amusé Pompona qui n’a pas pu s’empêcher de relever que Bram Stoker a écrit Dracula en 1897 et que nous ne sommes qu’en 1888.

Mais ce n’est bien sûr pas le seul intérêt de la pièce. Les comédiens sont formidables et portent la pièce avec une énergie communicative qui entraîne la salle dans la bonne humeur, voire l’hilarité. Mentions spéciales à Ludovic Laroche et à Jérôme Paquatte pour leur interprétation de Doyle et Stoker, mais je reconnais volontiers un parti pris pour ces personnages!

Reste enfin l’intrigue de cette comédie policière… dont il n’est pas possible de parler. Le Rat a adoré, mais il ne vous en dira rien. Il fait maintenant partie du « Cercle de Whitechapel », cette communauté de spectateurs qui connaît la fin, mais n’en livrera pas le secret.

Allez la découvrir au Lucernaire jusqu’au 14 avril.

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