post

L’exposition « Valentin de Boulogne – réinventer Caravage » est présentée au Musée du Louvre jusqu’au 22 mai 2017

Valentin de Boulogne, David et Goliath, vers 1615-1616, Huile sur toile, 99×134 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid © Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

Le Rat, Pompona et moi sommes allés voir les expositions « Valentin de Boulogne » et « Vermeer » au Musée du Louvre.

Valentin de Boulogne est né à Coulommiers en 1591 et mort à Rome en 1632, à l’âge de 41 ans. Il arrive à Rome dans les années 1610-1620 où il fait toute sa carrière. Plutôt que de s’inscrire à l’Académie de Saint Luc, il choisit un mode de vie assez similaire à celui de Caravage et s’associe à la confrérie des peintres du nord, les « Bentvueghels » (« oiseaux de bande »),  joyeux lurons fréquentant les tavernes. Le personnage a donc beaucoup plus au Rat qui l’a trouvé très sympathique. Cela vous étonne ?

Comme Caravage avant lui, Valentin de Boulogne tire le choix de certains de ses sujets de la vie quotidienne (joueurs de cartes, chiromancie, scènes de cabaret), ce qui constitue une démarche très novatrice à l’époque. Le dualisme entre le divertissement burlesque et le drame humain de certains tableaux est particulièrement saisissant. J’ai particulièrement aimé La diseuse de bonne aventure.

Valentin de Boulogne, Les Quatre âges de l’homme, National Gallery, Londres © The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department.

Valentin de Boulogne se plaît à brouiller les frontières et à trouver un équilibre en mêlant le répertoire des tavernes et le langage savant de l’allégorie. Chaque œuvre est une invitation à méditer sur la vie, ses déceptions et ses plaisirs éphémères. Pompona a particulièrement apprécié Les Quatre âges de l’homme qui illustre également les quatre saisons : le vieillard porte une fourrure, symbole de l’hiver, l’enfant évoque l’air, le militaire d’âge viril médite mélancolique sur la futilité de la gloire et le jeune homme chante la passion amoureuse.

Très célèbre en son temps, Valentin fut perçu comme français et ses œuvres furent très recherchées par les collectionneurs français, notamment Mazarin – qui possédait neuf œuvres – et Louis XIV. Le roi acquit une série des quatre Evangélistes qui ornent les murs de la Chambre du Roi à Versailles, encastrés à leur place d’origine, ainsi que Le Denier de César. Saint Marc et Saint Matthieu sont présentés dans l’exposition, tout comme La Diseuse de bonne aventure, accrochée dans la Chambre de Louis XIV, désormais conservée au Louvre.

Et deux semaines seulement après la mort du peintre en 1632, la valeur de ses œuvres avait déjà été multipliée par quatre : le marchand-graveur François Langlois, à la recherche de chefs-d’œuvre de grands maîtres pour des collectionneurs, fut informé par Pierre Lemaire du phénomène : « on ne peut pas trouver ses peintures, ou si on les retrouve, il faut payer quatre fois ce qu’ils coûtent à l’origine ».

Informations pratiques sur le site du Musée du Louvre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *