8 JUILLET 2021 :
400e anniversaire de la naissance

de Jean DE la fontaine

 

8 juillet 2021, nous fêtons le 400e anniversaire de la naissance de Jean de La Fontaine. Quelle émotion !

(Re)découvrez ce conteur exceptionnel, moderne et intemporel, par une double approche :

    • Une invitation à écouter le style et la musicalité de fables bien modernes, mises en diction et transposées dans la musique d’aujourd’hui.
    • Une invitation à lire des morceaux choisis moins connus de l’œuvre du poète et une sélection de fables racontant des histoires d’animaux, joliment illustrées.

 

 


“Le loup et l’agneau. 1621-2021” : Faf Larage « revisite » Jean de La Fontaine

Un clin d’œil historique. Le rap marseillais ? Presque une vieille chanson … La Fontaine ne fut jamais en cour auprès de Louis XIV ; la ville de Marseille ne fut pas davantage appréciée du roi -soleil. Le 2 mars 1660, le carrosse royal entre dans la cité phocéenne par une large ouverture faite dans la muraille de la porte Réale, comme s’il s’agissait d’une ville vaincue.
C’est aussi à cette époque que furent construits les deux forts, Saint-Nicolas et Saint-Jean… dont petit détail, les canons furent tournés vers la ville et non vers le large…

A fable d’animaux, rap à plume. « La raison du plus fort est toujours la meilleure » nous raconte La Fontaine ; « la morale du 17e n’a pas beaucoup changé » scande Larage 400 ans plus tard. Un auteur pour les enfants, notre poète ? Certes, le premier recueil publié en 1668 était dédié à Monsieur le Dauphin, c’est-à-dire le fils de Louis XIV. Viser le fils au lieu du père : une manière habile de procéder. Mais le second recueil publié en 1678 est dédié à Madame de Montespan, la flamboyante favorite de Louis XIV qui n’était assurément pas une oie blanche. Et vous trouvez vraiment la fin adaptée pour les enfants : « Là-dessus au fond des forêts/Le loup l’emporte, et puis le mange / sans autre forme de procès » ?

« Ce n’est ni le vrai, ni le vraisemblable qui font la beauté et la grâce de ces choses-ci, c’est seulement la manière de les conter » nous dit déjà La Fontaine.

 

 

 


Le livre : “La Fontaine. Des femmes, des fables.”

Une femme d’aujourd’hui nous conte les admiratrices et les protectrices du poète.

A paraître prochainement … Prévente : commandez le livre par mail 

 

 

Osons une question : que serait La Fontaine sans les femmes ?

Un épicurien jouisseur des plaisirs de la vie. Mlle de Scudéry, auteure du roman fleuve Clélie publié en 1656, dresse ce portrait flatteur de La Fontaine sous le pseudonyme d’Anacréon : « un homme de bonne mine et d’un air noble et enjoué, […] qui a une imagination si galante, un esprit si délicat, et des expressions si naturelles ; qui aime tous les plaisirs en général et qui en particulier ne hait pas trop les festins » … ni les femmes. Le poète galant se révèle constamment séduit par les « grâces du sexe enchanteur » et le triomphe de la beauté :

« Sous les cotillons des grisettes / peut loger autant de beauté / que sous les jupes des coquettes ».

« Je dois trop au beau sexe. » Bien sûr, il y eut Nicolas Foucquet auquel le poète versa une « pension poétique » de 1659 à 1661. Mais La Fontaine eut tout au long de sa vie des « protectrices » à qui il « se donna » (selon l’expression de son temps) et grâce auxquelles il a écrit la magnifique œuvre qu’il nous a léguée. A Château-Thierry où elle s’ennuie ferme, la jeune duchesse de Bouillon – Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin – devient dès 1662 la première lectrice-auditrice des Contes qu’elle juge extrêmement divertissants. A la ville, la « vieille Madame » – Marguerite de Lorraine, veuve de Gaston d’Orléans frère de Louis XIII –, installée dans le Palais du Luxembourg, accorde un brevet de « gentilhomme de la duchesse douairière d’Orléans » au poète qui en profite pour fréquenter assidûment les cabarets parisiens en compagnie de ses amis Molière, Racine et Boileau. A la Cour, il est protégé par Madame de Montespan et la sœur de celle-ci, Madame de Thianges qui l’engage pour écrire un opéra. La correspondance de Madame de Sévigné à sa fille témoigne combien ce lectorat féminin lettré et mondain – dont la marquise et son amie Madame de La Fayette, fidèles lectrices, font partie – aimait La Fontaine.

« Vous que l’on aime à l’égal de soi-même ». Entre 1668 et 1680, la « tourterelle » Marguerite de La Sablière tient un salon fort prisé dans son hôtel particulier de la rue Neuve-des-Petits-Champs où elle reçoit toute la société intellectuelle parisienne de son temps. En 1673, au faîte de sa beauté, elle invite La Fontaine à s’installer chez elle, le loge et le nourrit jusqu’en 1693. Une exceptionnelle amitié les lie : de vingt ans son aîné, La Fontaine rend un merveilleux hommage à sa chère Iris dans deux Discours à Mme de La Sablière, véritables chefs-d’œuvre du poète, le premier inséré dans le second Recueil des Fables, le second qu’il lit le 2 mai 1684, jour de sa réception à l’Académie française. Il lui dédie aussi une émouvante fable Le Corbeau, la Gazelle, la tortue et le Rat qui prône l’amitié : « à qui donner le prix ? Au cœur, si l’on m’en croit ».

« Au commencement était la fable. » (Paul Valéry). « Il a produit des fables comme un pommier des pommes » plaisantait Madame de La Sablière : 243 exactement, inspirées d’Ésope et de Phèdre ou du sage indien Pilpay, publiées en trois recueils en 1668, en 1678 et en 1693.

« Cela est peint. » se réjouit la marquise de Sévigné à la lecture de ces récits brefs en forme de petits tableaux, « ample Comédie à cent actes divers »

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« Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons : / ce qu’ils disent s’adressent à tous tant que nous sommes. /Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »

Mais « on ne s’avisera jamais d’apprendre la zoologie dans un livre de littérature » (Charles Nodier), tant le « bestiaire de La Fontaine » (Michel Pastoureau) donne peu à voir les mœurs véritables des animaux – a-t-on déjà vu une cigale manger une mouche ou un vermisseau ? – dont six espèces tiennent la vedette : le lion, le loup, le renard, l’âne, le chien et le rat. Rappelons cependant que le genre animal représente moins de la moitié des protagonistes des Fables.

 

 

 


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