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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°114 – L’âne et ses maîtres

L’âne et ses maîtres

L'âne et ses maîtres

L’âne et ses maîtres. 1ère planche. J.-B. Oudry. Source: Gallica.bnf.fr/BnF

L’âne d’un jardinier se plaignait au Destin

De ce qu’on le faisait lever devant l’aurore.
“Les coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin;
Je suis plus matineux encore.
Et pourquoi? Pour porter des herbes au marché.
Belle nécessité d’interrompre mon somme!
Le Sort de sa plainte touché,
Lui donne un autre maître; et l’animal de somme
Passe du jardinier aux mains d’un corroyeur.

La pesanteur des peaux, et leur mauvaise odeur
L'âne et ses maîtres

L’âne et ses maîtres. 2ème planche. J.-B. Oudry. Source : Gallica.bnf.fr/BnF

Eurent bientôt choqué l’impertinente bête.
“J’ai regret, disait-il, à mon premier seigneur.
Encor quand il tournait la tête,
J’attrapais, s’il m’en souvient bien,
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien.
Mais ici, point d’aubaine; ou si j’en ai quelqu’une,
C’est de coups.” Il obtint changement de fortune,
Et sur l’état d’un charbonnier
Il fut couché tout le dernier.

 
 

Autre plainte. “Quoi donc! dit le Sort en colère,
Ce baudet-ci m’occupe autant
Que cent monarques pourraient faire.
Croit-il être le seul qui ne soit pas content?
N’ai-je en l’esprit que son affaire?”

Le Sort avait raison; tous gens sont ainsi faits :

Notre condition jamais ne nous contente;
La pire est toujours la présente.
Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
Qu’à chacun Jupiter accorde sa requête,
Nous lui romprons encor la tête.
 
 
 
 
 
 
 

Jean de La Fontaine Livre VI, fable 11

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°113 – L’âne portant des reliques

L’âne portant des reliques

L'âne portant des reliques

L’âne portant des reliques. J.-B. Oudry. Source : gallica.bnf.fr/BnF

 

Un baudet, chargé de reliques,

S’imagina qu’on l’adorait.
Dans ce penser il se carrait,
Recevant comme siens l’encens et les cantiques.

Quelq’un vit l’erreur, et lui dit:

“Maître baudet, ôtez-vous de l’esprit
Une vanité si folle.
Ce n’est pas vous, c’est l’idole
A qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.”

D’un magistrat ignorant
C’est la robe qu’on salue.

 
 
 
 
 
 
 

Jean de La Fontaine Livre V, fable 14

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°112 – L’Amour et la Folie

L’Amour et la Folie

L'amour et la folie

L’amour et la folie. J.-B. Oudry. Source: gallica.bnf.fr/BnF

Tout ce mystère dans l’amour,

Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance.
Ce n’est pas l’ouvrage d’un jour
Que d’épuiser cette science.

Je ne prétends donc point tout expliquer ici.

Mon but est seulement de dire à ma manière
Comment l’aveugle que voici
(C’est un dieu), comment dis-je, il perdit la lumière;
Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien;
J’en fais juge un amant, et ne décide rien.

La Folie et l’Amour jouaient un jour ensemble.

Celui-ci n’était pas encor privé des yeux.
Une dispute vint : l’Amour veut qu’on assemble
Là-dessus le conseil des dieux.
L’autre n’eut pas la patience;
Elle lui donne un coup si furieux
Qu’il en perd la clarté des cieux.
Vénus en demande vengeance.

Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris:

Les dieux en furent étourdis,
Et Jupiter, et Némésis,
Et les juges d’enfer, enfin toute la bande.
Elle représenta l’énormité du cas.
Son fils sans un bâton ne pouvait faire un pas.
Nulle peine n’était pour ce crime assez grande.
Le dommage devait être aussi réparé.
Quand on eut bien considéré
L’intérêt du public, celui de la partie,
Le résultant enfin de la suprême cour
Fut de condamner la Folie
A servir de guide à l’Amour.

Jean de La Fontaine Livre XII, fable 14

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°111 – Le cheval et l’âne

Le cheval et l’âne

 

Le cheval et l'âne

Le cheval et l’âne. J.-B. Oudry. Source : gallica.bnf.fr/BnF

En ce monde il se faut l’un l’autre secourir.

Si ton voisin vient à mourir.
C’est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnait un cheval peu courtois,/div>
Celui-ci ne portant que son simple harnois,
Et le pauvre baudet si chargé qu’il succombe.
Il pria le cheval de l’aider quelque peu;
Autrement il mourrait devant qu’être à la ville.
“La prière, dit-il, n’en est pas incivile:
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.”

Le cheval refusa, fit une pétarade :/div>
Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade,
Et reconnut qu’il avait tort.
Du baudet, en cette aventure,
On lui fit porter la voiture,
Et la peau par-dessus encor.
 
 

Jean de La Fontaine Livre VI, fable 16

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°110 – Le cheval s’étant voulu venger du cerf

Le cheval s’étant voulu venger du cerf

 

De tout temps les chevaux ne sont nés pour les hommes

Lorsque le genre humain de gland se contentait,
Âne, cheval, et mule aux forêts habitaient;
Et l’on ne voyait point, comme au siècle où nous sommes,
Tant de selles et tant de bâts,
Tant de harnais pour les combats,
Tant de chaises, tant de carrosses;
Comme aussi ne voyait-on pas
Tant de festins et tant de noces.

Or un cheval eut alors différend

Avec un cerf plein de vitesse:
Et ne pouvant l’attraper en courant,
Il eut recours à l’homme, implora son adresse.
L’homme lui mit un frein, lui sauta sur le dos,
Ne lui donna point de repos
Que le cerf ne fût pris et n’y laissât la vie.
Et cela fait, le cheval remercie
L’homme son bienfaiteur, disant : “Je suis à vous,
Adieu. Je m’en retourne en mon séjour sauvage.
– Non pas cela, dit l’homme, il fait meilleur chez nous;
Je vois trop quel est votre usage.
Demeurez donc, vous serez bien traité,
Et jusqu’au entre en la litière.”

Hélas! que sert la bonne chère

Quand on n’a pas la liberté?
Le cheval s”perçut qu’il avait fait folie;
Mais il n’était plus temps: déjà son écurie
Était prête et toute bâtie.
Il y mourut en traînant son lien.
Sage s’il eût remis une légère offense.
Quel que soit le plaisir que cause la vengeance,
C’est l’acheter trop cheer, que l’acheter d’un bien
Sans qui les autres ne sont rien.

Jean de La Fontaine Livre IV, fable 13

Le cheval s'étant voulu venger du cerf

Le cheval s’étant voulu venger du cerf. J.-B. Oudry. Source: Gallica.bnf.fr/BnF

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°109 – Le soleil et les grenouilles

Le soleil et les grenouilles

Le soleil et les grenouilles

Le soleil et les grenouilles. J.-B. Oudry. Source: Gallica.Bnf.fr/BnF

Aux noces d’un tyran tout le peuple en liesse

Noyait son souci dans les pots.
Ésope seul trouvait que les gens étaient sots
De témoigner de tant d’allégresse.
“Le soleil, disait-il, eut dessein autrefois
De songer à l’hyménée.
Aussitôt on ouït d’une commune voix
Se plaindre de leur destinée
Les citoyennes des étangs.
“Que ferons-nous s’il lui vient des enfants?
Dirent-elles au Sort, un seul soleil à peine
Se peut souffrir. Une demi-douzaine
Mettra la mer à sec, et tous ses habitants.
Adieu joncs et marais: notre race est détruite.
Bientôt on la verra réduite
A l’eau du Styx.” Pour un pauvre animal,
Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal.
 
 
 
 

Jean de La Fontaine Livre II, fable 4

“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°108 – Les grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles, se lassant

De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique;
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, dans les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau;
Or c’était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s’aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant.
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
Il en vint une fourmilière;
Et leur trope à la fin se rendit familière
Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi.
Le bon sire le souffre, et se tient toujours coi.

Jupin en a bientôt la cervelle rompue.

“Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui remue.”
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir.
Et grenouilles de se plaindre;
Et Jupin de leur dire : “Et quoi! votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fût débonnaire et doux:
De celui-ci contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire.”

Jean de La Fontaine Livre III, fable 4

Les grenouilles qui demandent un roi

Les grenouilles qui demandent un roi. J.-B. Oudry. Source: Gallica.bnf.fr/BnF

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°107 – Les deux taureaux et une grenouille

Les deux taureaux et une grenouille

Les deux taureaux et une grenouille

Les deux taureaux et une grenouille. J.-B. Oudry. Source : Gallica.bnf.fr/BnF

Deux taureaux combattaient à qui posséderait

Une génisse avec l’empire.
Une grenouille en soupirait.
“Qu’avez-vous? se mit à lui dire
Quelqu’un du peuple croassant.
– Et ne voyez-vous pas, dit-elle,
Que la fin de cette querelle
Sera l’exil de l’un; que l’autre, le chassant,
Le fera renoncer aux campagnes fleuries?
Il ne régnera plus sur l’herbe des prairies,
Viendra dans nos marais régner sur les roseaux,
Et, nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux,
Tantôt l’une, et puis l’autre, il faudra qu’on pâtisse
Du combat qu’a causé madame la génisse.”
Cette crainte était de bon sens.
L’un des taureaux en leur demeure
S’alla cacher à leurs dépens :
IL en écrasait vingt par heure.
Hélas! on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands.

 
 

Jean de La Fontaine Livre II, fable 4

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°106 – La mort et le malheureux – La mort et le bûcheron

La mort et le malheureux suivie de La mort et le bûcheron

Un malheureux appelait tous les jours

La mort à son secours.
“O mort, lui disait-il, que tu me sembles belle!
Viens vite, viens finir ma fortune cruelle!”

La mort crut, en venant, l’obliger en effet,

Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
Que vois-je! cria-t-il, ôtez-moi cet objet;
Qu’il est hideux! que sa rencontre
Me cause d’horreur et d’effroi!
N’approche pas, ô mort; ô mort, retire-toi.”

Mécénas fut un galant homme:

Il a dit quelque part : “Qu’on me rende importent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme
Je vive, c’est assez, je suis plus que content.”
Ne viens jamais, ô mort, on t’en dit tout autant.

Ce sujet a été traité d’une autre façon par Esope, comme la fable suivante le fera voir. Je composai celle-ci pour une raison qui me contraignait de rendre la chose aussi générale. Mais quelqu’un me fit connaître que j’eusse beaucoup mieux fait de suivre mon original, et que je laissais passer un des plus beaux traits qui fût dans Ésope. Cela m’obligea d’y avoir recours. Nous ne saurions aller plus avant que les anciens: ils ne nous ont laissé pour notre part que la gloire de les bien suivre. Je joins toutefois ma fable à celle d’Ésope, non que la mienne le mérite, mais à cause du mot de Mécénas que j’y fais entrer, et qui es si beau et si à propos que je n’ai pas cru le devoir omettre. (La Fontaine)

Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,

Sous le faix d fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier et la corvée,
Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
Il appelle la mort; elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu’il faut faire.
“C’est, dit-il, afin de m’aider
A recharger ce bois; tu ne tarderas guère.”

Le trépas vient tout guérir;/div>
Mais ne bougeons pas d’où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise des hommes.

Jean de La Fontaine Livre I, fables 15 et 16

La mort et le bûcheron

La mort et le bûcheron. J.-B. Oudry. Source : Gallica.Bnf.fr/BnF

La mort et le malheureux

La mort et le malheureux. J.-B. Oudry. Source: Gallica.bnf.fr/BnF

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“Les Fables” de Jean de la Fontaine – n°105 – Le pouvoir des fables

Le pouvoir des fables

A Monsieur de Barillon

La qualité d’ambassadeur

Peut-elle s’abaisser à des contes vulgaires?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères?
S’ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires?
Vous avez bien d’autres affaires
A démêler que les débats
Du lapin et de la belette.
Lisez-les, ne les lisez pas; Mais empêchez qu’on ne nous mette
Toute l’Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J’y consens; mais que l’Angleterre
Veuille que nos deux rois se lassent d’être amis,
J’ai peine à digérer la chose.

N’est-il point encor temps que Louis se repose?

Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las
De combattre cette hydre? et faut-il qu’elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence et par adresse,
Peut adoucir les cœurs et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons: c’est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d’encens.
Prenez en gré mes vœux ardents,
Et le récit en vers qu’ici je vous dédie.
Son sujet vous convient; je n’en dirai pas plus;
Sur les éloges que l’envie
Doit avouer qui vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu’on appuie.

Dans Athène autrefois, peuple vain et léger,

Un orateur, voyant sa patrie en danger,
Courut à la tribune, et d’un art tyrannique
Voulant forcer les coeurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l’écoutait pas; l’orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.

Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put.

Le vent emporta tout; personne ne s’émut.
L’animal aux têtes frivoles,
Étant fait à ces traits, ne daignait l’écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s’arrêter
A des combats d’enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur? Il prit un autre tour.
“Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l’anguille et l’hirondelle;
Un fleuve les arrête, et l’anguille en nageant,
Comme l’hirondelle en volant,
Le traversa bientôt.” L’assemblée à l’instant,
Cria tout d’une voix : “Et Cérès, que fit-elle?
– Ce qu’elle fit? Un prompt courroux
L’anima d’abord contre vous.
Quoi! de contes d’enfants son peuple s’embarrasse!
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l’effet!
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait?”

A ce reproche l’assemblée,

Par l’apologue réveillée,
Se donne entière à l’orateur:
Un trait de fable en eut l’honneur.
Nous sommes tous d’Athène en ce point, et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d’âne m’était conté,
J’y prendrais un plaisir extrême.”
Le monde est vieux, dit-on, je le crois; cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.

Jean de La Fontaine Livre VIII, fable 4

Le pouvoir des fables

Le pouvoir des fables. J.-B. Oudry. Souce : Gallica.bnf.fr/BnF